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En 2006, Patrick Clément (à gauche sur la photo) et Robert Taton (à droite sur la photo) avaient chacun de leur côté un projet de culture de Spiruline : Patrick technicien aquaculture a longtemps travaillé dans l'informatique, qu'il a plaquée pour exercer ses talents de cuisinier en montagne, dans le domaine du tourisme. Robert était agriculteur, producteur de légumes sous serre, (tomates, salades, concombres). Ces cultures dévoreuses en énergie, main d'œuvre et autres frais, dégageaient une marge fragile et aléatoire et constituaient pour lui, une voie sans issue. Il cherchait à se reconvertir.
Robert découvre alors la Spiruline en tant que recours thérapeutique : non seulement il est "regonflé à bloc" mais il est conquis, et il devient même passionné par la fameuse algue bleue, source de vitalité naturelle. Il découvre que la premières culture, à but commercial, est lancée au Mexique en 1976. En 1979, l'Earthrise Spirulina Company, démarre son activité pour devenir leader du marché mondial. Les progrès techniques permettent le développement de la culture dans de nombreux pays. Ce n'est qu'en 1997, que la première unité s'installe en Europe, dans le Sud de l'Espagne. Quelques producteurs français emboitent le pas dans le Sud de la France. Un centre de formation agricole, le CFPPA de Hyères, ouvre même un module de formation concernant la culture de Spiruline.
C'est en descendant de sa montagne, en fin de saison, que Patrick, découvre cette formation à Hyères et qu'il retrouve passionnément son intérêt pour l'aquaculture. Il entre en formation ayant pour but de créer son entreprise.

C'est internet, qui permit aux deux hommes de se rencontrer, et d'échanger.

La Spiruline, est une cyanobactérie qui transforme le gaz carbonique en matière organique, à partir de la lumière grâce aux pigments qu'elle contient (dont la phycocyanine bleue, la chlorophylle verte, les caroténoïdes orangés) qui possèdent le spectre d'absorption de la plus grande longueur d'onde parmi les algues marines. A partir de la lumière, de son équipement pigmentaire et des sels minéraux de l'eau, la spiruline devient une formidable usine à produire des protéines et autres constituants indispensables, remarquables, rares, permettant d'affirmer qu'elle constitue le nutriment naturel le plus complet du règne végétal et animal. Ses "qualités nutritionnelles" et de prévention santé, sont exceptionnelles.
Des apports en minéraux sous forme d'éléments simples s'effectuent en fonction de la population en spiruline et des conditions de température et de la production potentielle : apports de bicarbonate de sodium (pour une concentration en sel de 10 g/litre nécessaire à l'obtention d'un ph neutre) d'azote ammoniacal, de sulfate de potassium, de manganèse, des phosphates, du fer.
Les deux hommes décident très vite, au printemps 2007, de monter ensemble une unité de production à Verquières, dans une serre de Robert.
L'épouse de Robert, Annick, dite "Nanou" (au centre sur la Photo du haut ), complète le tandem : renfort administratif et commercial, elle constitue, reconnait son mari, l'élément "régulateur" du groupe : entre coup de blues, coups de gueules, et coups de colliers, les membres restent soudés et avancent pour donner corps à un "beau projet", qui n'est pas seulement économique.
L'installation comprend trois bassins, de 50 mètres de long sur 5 mètres de large, remplis d'eau sur quelques décimètres, provenant du forage de l'exploitation. On cherche à reproduire les conditions de prolifération naturelle de cette algue qui prospère dans les eaux chaudes et alcalines, peu profondes, saumâtres de la ceinture intertropicale, dans des lacs d'origine volcaniques : température 30 à 35°, PH voisin de 10-10,5. Ce milieu est hostile à tout développement d'organismes pathogènes ou contaminants.
Les roues à aube activent la circulation de l'eau, autour d'une cloison de plastique qui sépare chaque bassin en deux : les éléments sont dispersés, le milieu est homogénéisé et les algues alternent les passages ombre/lumière.
Les consommateurs doivent être vigilants sur l'origine et le milieu de culture de la spiruline qui est un concentrateur de métaux lourds. Cette aptitude lui confère d'ailleurs ses extraordinaires vertus détoxinantes pour l'air et pour les organismes. Mais en contrepartie, lorsqu'elle provient d'un milieu de culture pollué par ces métaux lourds, elle les apporte aux organismes qui ingèrent l'algue.
La spiruline se divise toutes les 36 heures, ce qui fait que certains scientifiques sont convaincus que la fameuse Manne biblique (lien avec histoire de la spiruline) qui doublait de volume en 24 heures, était la Spiruline. La période de récolte, corrélée aux température favorables, s'étale sur environ 7 mois (210 jours) en Bouches du Rhône de la mi-avril à la mi-novembre, avec le pic au cœur de l'été. La production journalière est d'environ 150 kg de matière fraiche, qui donne environ 10% de matière sèche selon les conditions atmosphériques et de récolte. Les estimations statistiques avancent le chiffre de 50 000 kg de protéines à l'ha (culture annuelle) sans utilisation de pesticides ni d'herbicides. Comparée au soja, son rendement est vingt fois supérieur pour une consommation quatre fois moindre en eau. Mais la comparaison aux protéines de bœuf sont stupéfiantes : le rendement/ha en protéines de la spiruline est deux cent soixante fois celui du bœuf ! 1000 kg de spiruline séchée, entrainent l'absorption de 450 kg de carbone et dégagent, dans l'eau ou dans l'atmosphère, 1200 kg d'oxygène.

La récolte et la préparation de la spiruline, évoque par certains côtés, les techniques fromagères... Les bassins, sont remplis d'eau en provenance du forage qui servait à irriguer les légumes. La spiruline remonte en surface de l'eau, portée par un microbulage propulsé du fond du bassin, comme la crème du lait. Un système d'aspiration permet "d'écrémer" la surface pour récolter l'algue bleue sur un bac.

Les prélèvements doivent être soigneusement ajustés, pour ne pas affaiblir la population en place, qui doit continuer à se reproduire (exponentiellement) à l'optimum de la surface du bassin. La nourriture en éléments minéraux doit être raisonnée sur les mêmes critères.
Le bac de filtration récupère l'algue retenue par un cadre pourvu d'un tamis de 50 microns.
L'eau s'échappe, laissant l'algue sur le tamis.

Il suffit ensuite de "racler" le contenu du bac, qui a l'apparence d'une crème épaisse, qui est transférée dans des moules égouttoirs, clones des moules à caillé des fromages fermiers, recouverts d'une toile très fine, sur laquelle l'algue microscopique va subir un premier égouttage.

Ces moules sont disposés par deux pour être pressés avec un système maison, réalisé à partir d'un bidon de plastique rempli aux deux tiers par 300 kg de sable, de quoi entretenir son potentiel pectoraux au meilleur niveau. La spiruline subit un premier pressage, qui veille à ne pas léser les cellules, et une deuxième ou troisième presse pour parfaire l'égouttage un peu plus tard.

On obtient ainsi au démoulage, un fromage de spiruline un peu compact. Ce terme de fromage, était d'ailleurs employé par les Aztèques qui consommaient depuis la préhistoire, ces "fromages de terre". 
A ce stade, il reste 35% d'eau.

Le bloc de spiruline égoutté, démoulé, est comme un morceau de mozzarella vert, ou un fromage frais au même stade.
Il est découpé en belles tranches avant d'être passé dans une machine qui va transformer cet épais bloc en fins filaments qui pourront être parfaitement séchés.

Ce matériel de charcutier, conçu pour fabriquer des saucisses, a été adapté par les deux algoculteurs, pour obtenir de la spiruline en "cheveux d'ange".

La spiruline est donc réduite à l'état de filaments de 2 mm . Le séchage optimum de l'algue est un critère qualitatif très important, qui a été optimisé à la ferme aquacole de la Spiruline du Soleil.
Le séchage s'effectue à basse température, à 45°- 50° maximum, pour ne pas détruire les micronutriments les plus fragiles ou les plus labiles (enzymes, vitamines... ). Le séchage doit être effectué "à cœur" pour éviter toute fermentation préjudiciable à la conservation et au goût du produit. La finesse du brin et la faible épaisseur sur le cadre, donne les meilleurs résultats pour obtenir une paillette qualitative.
Les productions industrielles chauffent à 200° et fabriquent de la poudre de quelques microns mise en gélules ou transformés en comprimés. Mais que reste-t-il des micronutriments et précieux enzymes telles la fameuse superoxyde dismutase (SOD) qui est une antioxydante clé, premier maillon du processus de défense contre les radicaux libres, la non moins célèbre phycocyanine, protéine complexe présente à hauteur de 10% dans la spiruline, pigment bleu cyan au rôle déterminant dans l'oxygénation des cellules (formation des globules rouges), pour le système immunitaire (globules blancs) et la moelle osseuse et bien d'autres propriétés thérapeutiques de premier plan. 
Les cadres (1,2 mètres x 0,80m) sont installés dans le séchoir : deux rangées portant deux fois 10 cadres, portant au maximum 2 kg de "spaghettis" mouillés, qui donneront 20 g de produit sec ! Le séchage s'effectue d'abord avec de l'air chaud provenant d'une serre voisine, propulsé par une turbine, jusqu'à 18 heures trente. Durant toute la nuit, un radiateur électrique, couplé avec un deshumidificateur, tourne jusqu'à l'aube

Le matin, les cadres sont "raclés" pour obtenir des brindilles d'un beau vert, appétissant, apte à la dégustation (ce que nous n'avons pas manqué de faire).
Ces longues brindilles vont être légèrement broyées, pour devenir des paillettes agréablement consommables natures ou en accompagnement de "divers mets".

Le nettoyage du matériel est très important, il s'inscrit dans une démarche d'hygiène et de qualité produit : la spiruline est un produit frais qui s'oxyde très rapidement, il fermente et sent très mauvais.

Les tuyaux d'aspiration passent aussi au nettoyage sous haute pression : en 1960, un ingénieur français dépêché au Mexique à la direction d'une usine qui extrayait de la saumure des sédiments du lac Texcoco, (pour produire du carbonate de soude), avait de gros problèmes de tuyauterie à cause d'une algue bleue, considérée alors comme difficiles à éliminer, jusqu'au jour où il découvrit que ce déchet, était la fameuse Spriruline. Il lança en 1976 la première exploitation industrielle de spiruline en tant que complément alimentaire. 
A la ferme aquacole la Spiruline du soleil, les brindilles sont transformées en paillettes. 

Les paillettes sont ensachées dans des emballages contenant 100 g de produit. Cet emballage est conçu pour une bonne conservation du produit, thermo-scellé sous vide, il est
imperméable à l'air, à la lumière, à l'humidité.
Il est pratique : pré-formé, il est conçu pour rester posé. Sa manipulation est agréable (douce au toucher, zip de fermeture après ouverture), son look est moderne, la clarté de son étiquetage est appréciable.
La mise sous vide s'effectue 24 heures après la récolte, directement en sachets de 100 g ou en sachets de 3 kg en attente de conditionnement.

La récolte est ainsi entreposée dans les meilleures conditions d'hygiène et de conservation. Le passage en cuisine de Patrick, le rend très vigilant sur ces principes.
Les sachets de 3 kg sont ensuite entreposés à l'abri de la lumière, ils seront ensachés plus tard, mais ils peuvent également être vendus dans ce conditionnement (clubs de sport, cure familiale, animaux... ).
La spiruline de cette ferme aquacole fabriquée artisanalement, respecte tous les critères qualitatifs, pour l'obtention d'un produit de premier choix, qualifié "super aliment".
La Spiruline est également proposée en comprimés uniquement constitués de cet ingrédient.
Ils sont fabriqués par un sous-traitant spécialisé pour les personnes qui préfèrent la consommer sous cette forme.
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