

La famille Liardet du GAEC Aroma'plantes, cultive des plantes aromatiques et médicinales en Haute Provence et distille aussi les huiles essentielles,ce qui est assez exceptionnel. Ils maîtrisent ansi totalement la qualité du produit fini.
Pour ne pas altérer la constitution et les propriétés des "Huiles Essentielles" la cuve est en inox. Les détartrants chimiques ne sont pas utilisés.
La chaudière est située sous le plancher qui supporte les chargements et déchargements de l'alambic en matières premières (plantes, arbustes ou branchages).
Cette installation remarquable, récente, est autonome, économe et écologique.

Le combustible utilisé est constitué de bois déchiquetés provenant de l'entretien de la propriété, des branches de genévriers, de pin ou autres arbustes dont on a extrait les huiles. L'alimentation de la chaudière s'effectue en direct du silo (image ci-contre) situé au dessus. Le rendement calorique de cette chaudière est exceptionnel. La petite chaudière de l'ancienne installation (600 l) produisait une demi-brouette de cendre tous les jours, tandis que celle-ci (5000 l) ne produit que 5 brouettes par saison.

La chaudière nécessite une heure de chauffage avant de produire 1000 kg de vapeur d'eau de 800 à 900°, non chargée en minéraux.
La charrette en attente va être attelée et conduite près de l'alambic dont seule la partie supérieure affleure le plancher.

La charrette de Lavandin est déchargée près du "gros goulot" de l'alambic.

Mais avant de procéder au remplissage du réservoir inox avec les plantes, il faut placer une lourde grille, elle aussi en inox, au fond de la cuve. Attachée par des chaînes, elles-même reliées à un "palan" elles permettront de sortir la balle de plantes traitées qui reposera sur cette grille.

L'alambic est chargé de plante (environ 1,5 tonnes)

Il est nécessaire de bien tasser les plantes. La botte sera traversée par une circulation de vapeur d'eau qui entraînera les molécules aromatiques des plantes.

La dernière opération de cette première phase est la fermeture du couvercle et le serrage des vannes de cette gigantesque cocotte minute !
La vapeur d'eau qui a circulé dans la "carotte" de plantes aromatiques est envoyée par un serpentin dans un réservoir d'eau refroidisseur où elle va se condenser. A la sortie, cette eau chargée d'Huiles Essentielles s'écoule dans un essencier encore dénommé vase florentin.

La séparation entre l'huile essentielle et l'eau s'effectue
naturellement selon un principe physique : l'huile essentielle, moins dense flotte au dessus de l'eau.

La surveillance constante de l'eau condensée à la sortie du serpentin refroidisseur permet de connaître l'avancée de la distillation en fonction du niveau d'huile repéré.

L'huile essentielle est un liquide volatil aromatique non gras, non soluble dans l'eau sur lequel il flotte. Au vu du déroulé de ce processus, on peut constater que la distillation à la vapeur d'eau, est un procédé entièrement mécanique. Ce procédé est parfaitement adapté à l'extraction des molécules
aromatiques de plantes qui sont par ailleurs cultivées en mode biologique. Ces molécules seront parfaitement saines et aptes à être utilisées, même à des fins thérapeutiques.
30 à 35 minutes seront nécessaires pour distiller un alambic de Lavande et 45 minutes pour le Lavandin. Guillaume nous indique qu'avec 150 kg de Lavande il peut espérer obtenir environ 1 kg d'huile essentielle.

Mais la quantité est beaucoup plus importante pour d'autres plantes, comme pour le thym qui nécessite 1,2 tonnes de feuilles ce qui explique les différences de coût. Pour la distillation de certaines plantes, récoltées en moindre quantité, Guillaume dispose d'un alambic plus petit.
Certaines huiles rares où chères entraînent un risque de falsification. Il est donc nécessaire d'être très vigilant sur l'origine des huiles commercialisées, surtout si c'est à usage thérapeutique.
L'eau issue de la vapeur ayant extrait et récupéré l'huile essentielle, est chargée en minéraux et en arômes, qui eux, contrairement à l'huile, sont solubles dans l'eau. Cette eau est dénommée eau florale ou encore "hydrolat".
La distillation est un travail d'expert tel que Guillaume. Constamment sur le pont, il monte et descend de l'approvisionnement de l'alambic à la surveillance constante de la chauffe, de la durée d'extraction....
Après l'extraction, le travail n'est pas terminé !

Il faut sortir les plantes de l'alambic ! 
Heureusement qu'on avait mis la grille dessous !
Cette botte sera recyclée sur l'exploitation et rendue à la terre qui l'a produite : mélangée au fumier de mouton elle se transformera en compost. La distillation des plantes sur le lieu de production est économe pour l'environnement (pas de transport de matières premières volumineuses), pour la terre (recyclage sur place de la paille des plantes).
La famille Liardet, de père en fils, s'est inscrite depuis des générations dans l'agriculture durable et René qui passe la main à Guillaume peut être fier d'être Paysan.
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